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27/08/2019

Plaidoyer pour un référentiel clinique de standards minimums

Il est désormais évident que la profession est en train de vivre l’évolution la plus radicale de son histoire. Probablement le plus dangereux de tous les dangers est la prise en main du système de santé dentaire par les compagnies d’assurance et les réseaux de soins.
Le risque majeur est celui de remboursements très bas. Malheureusement, le matraquage médiatique des compagnies d’assurance et des réseaux de soins rend les patients de plus en plus suspicieux vis-à-vis de leur praticien.
2 arguments principaux sont avancés par les compagnies d’assurance. D’une part la détermination des honoraires des cabinets libéraux ne repose sur aucun paramètre tangible. (Objectivement, cet argument n’est pas faux puisque ils sont généralement définis de façon tout à fait empirique.) D’autre part, le faible niveau général d’organisation des cabinets entraîne une faible efficience dans la réalisation des traitements. Ces deux arguments sont avancés par les compagnies d’assurance pour s’octroyer le droit de décider par elles-mêmes de la valeur de nos traitements.
Concernant l’évaluation de nos honoraires il faut bien reconnaître que la plupart du temps, différents paramètres non cliniques interviennent (emplacement, décoration, …) mais pas vraiment la valeur et la qualité réelle des traitements cliniques. Or, cela crée un boulevard pour les compagnies d’assurance qui n’ont pas manqué de s’y engouffrer en arguant que les honoraires des praticiens sont absolument injustifiés.
Concernant le second point, il n’est pas non plus dénué de réalité même si je constate tous les jours que de plus en plus de cabinets dentaires ont compris les enjeux d’une bonne organisation.
Aussi afin d’opposer des arguments tangibles et juridiquement difficiles à contourner pour les compagnies d’assurance je fais la proposition innovante de créer un référentiel purement clinique de standards minimums acceptables aujourd’hui pour nos traitements. Au-dessous de ces standards minimums les traitements ne seraient pas considérés comme acceptables au 21e siècle.. Ce type de standards est déjà en place dans un certain nombre de pays.
Dans mon esprit, il doit s’agir de standards pour une qualité minimum et non pas de standards les plus élevés à atteindre. Elle doit donc pouvoir concerner le plus grand nombre. Ce référentiel serait basé sur le volontariat et non sur la contrainte.
Bien entendu, un travail très important a déjà été réalisé par l’HAS, le Conseil de l’Ordre ou d’autres d’instances. Mais, il n’existe pas de recommandations exhaustives concernant nos traitements. Par ailleurs si la CCAM définit une nomenclature des actes reconnus aujourd’hui, elle n’en définit pas la réalisation.
De nombreux avantages découlent de cette proposition tels que la justification d’honoraires plus élevés pour les traitements qui dépassent ces standards ou encore la possibilité pour nos instances professionnelles d’attaquer avec de réelles chances de succès les compagnies d’assurance ou les réseaux de soins qui proposeraient des remboursements inférieurs à ces standards minimums. Ceci est déjà le cas aux États-Unis.
D’autre part, la profession pourrait communiquer auprès du grand public d’une façon positive pour l’image de la profession. En un mot cela permettrait de contrer de façon pragmatique tout à la fois la pression financière des réseaux de soins et en même temps de rendre plus difficile la rentabilité des centres dentaires.
Je propose que ces standards soient définis par un comité d’experts reconnus et eux- mêmes praticiens en exercice.
Je suis tout à fait conscient des difficultés et inconvénients que peut soulever une telle proposition. Il n’y a pas de place ici pour les développer. Toutefois, je considère qu’il est vital aujourd’hui que la profession agisse de façon pro-active et non plus défensive.
Ceux qui seraient intéressés de me soutenir dans ce mouvement peuvent me contacter à l’adresse referentiel.clinique@binhas.com créée spécialement à cet effet en vue de recueillir un maximum de soutiens.

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